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Novembre 2019 - Bourse

8 questions à se poser sur l’introduction en Bourse de la FDJ

Vous le savez, grâce à la loi Pacte, à partir du 21 novembre, la FDJ va être privatisée et entrer en Bourse. Les Français pourront négocier les actions de la Française Des Jeux (FDJ) sur les marchés financiers. Mais au fait, c’est quoi une introduction en bourse ? Comment est déterminé le prix de l’action ? Combien ça rapporte ? Faut-il tout miser sur le titre ?

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1.Qu’est ce qu’une introduction en Bourse ?

Pour financer le développement de leur entreprise ou vendre (tout ou partie) de leurs participations, les actionnaires d’une entreprise privée (ou publique) disposent de plusieurs solutions. Si beaucoup d’entre elles passent par la solution bancaire (crédit auprès d’un investissement financier), d’autres décident d’ouvrir leur capital, pour accueillir de nouveaux actionnaires et bénéficier d’une nouvelle manne de liquidités.
Pour faire venir de nouveaux actionnaires, une entreprise peut alors faire appel aux marchés, c’est-à-dire qu’elle va s’introduire en Bourse et ouvrir publiquement son capital à tout investisseur, particulier ou professionnel. Dès lors, l’entreprise n’appartient plus uniquement aux actionnaires historiques mais à tout individu qui a acheté des actions.
Ces actions proposées au public peuvent être des nouvelles actions créées. Dans ce cas, il y a une augmentation de capital (l’entreprise va bénéficier d’une rentrée d’argent). Mais il peut aussi s’agir d’actions détenues par les actionnaires qui vendent donc tout ou partie de leur participation. Les actionnaires historiques peuvent avoir la volonté de conserver la majorité des actions de l’entreprise (pour en garder le contrôle) mais ce n’est pas toujours le cas.

2.Pourquoi la FDJ s’introduit en Bourse ?

Comme indiqué récemment par Stéphane Pallez, PDG de l'opérateur de jeux, l’État français est doublement gagnant dans cette opération de privatisation. D’un côté, le gouvernement récolte pour plus d’un milliard d'euros de cette privatisation (entre 1.6 et 1.9 mds €) et de l’autre, il va continuer d'empocher l'intégralité des recettes fiscales et sociales versées par la FDJ, soit 3,5 mds € l'an dernier. Effectivement, l’État, détenteur actuellement de 72% du capital de la FDJ, a décidé d’en céder une grande partie pour n’en conserver qu’autour de 20%. A noter que le milliard d’euro devrait alimenter le Fonds pour l’innovation et l’industrie lancé par le gouvernement en janvier 2018 pour investir dans les technologies de rupture.

3.A quel prix la FDJ s’introduit-elle ?

Petit point de vocabulaire financier, l’introduction en Bourse de la FDJ est une OPO (Offre à prix ouvert), c’est-à-dire avec une fourchette de prix (prix minimum et maximum) à l'intérieur de laquelle le prix définitif de l’action sera fixé au dernier moment en fonction des ordres d'achat et la quantité de titres disponibles. L’OPO est à opposer à l’OPF (Offre à Prix Ferme) dans laquelle le prix de l’action est fixé à l’avance et non-négociable.

Selon le ministre de l’Économie, Bruno le Maire, le prix de l’action sera compris entre 16,50 € et 19,90 €. Au-delà du fait qu’il y a plus de 20 % d’écart entre les deux bornes, une fourchette de prix n’est qu’une information indicative. En effet, le prix définitif ne sera fixé qu’après la clôture de la période de la souscription, en fonction de la demande. Pour rappel, la souscription est ouverte jusqu'au mardi 19 novembre à 20 heures, pour les particuliers. La première cotation à la Bourse de Paris est donc prévue pour le 21 novembre.

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4.Comment souscrire ?

Selon Bruno le Maire, le ministre de l’Économie et des finances, les Français ont déjà demandé pour « plus de 600 millions € » d'actions de la Française des Jeux, quasiment une semaine après le début de l'opération de privatisation de l'entreprise. L’opération restait cependant ouverte, ce vendredi, aux nouvelles souscriptions, même si toutes les demandes des particuliers ne pourront pas être servies.

Pour souscrire, le particulier doit passer par sa banque (celle chez qui il détient un compte titres ou un PEA) et passer un ordre au marché.

Dans un premier temps, le particulier intéressé par l’opération doit passer un ordre « A ». Il s’agit des ordres destinés aux particuliers et qui bénéficient d’avantages en contrepartie d’une durée longue de détention : 1 action gratuite pour 10 actions conservées 18 mois dans la limite du seuil prioritaire A1 de 5000 €.
L’enveloppe est de 600 millions d’euros, mais elle est déjà sursouscrite. Ce qui signifie que les demandes vont être réduites. Cependant, dans un premier temps, seule la part des ordres au-dessus de 5000 € sera réduite. A l’heure actuelle, les particuliers qui ont demandé 5000 € ou moins peuvent espérer être servis en totalité, alors que ceux qui ont demandé plus risquent de ne recevoir que 5000 €. Mais attention, si l’ensemble des ordres passés par les particuliers, pris dans limite de 5000 € par particulier, dépassent l’enveloppe de 600 millions d’euros, alors tous les ordres seront pris dans la limite de 5000 €, et réduits selon le taux de sursouscription (ex : si 1 200 millions d’euros sont demandés, donc le double de l’opération, alors chaque particulier recevra 50% des actions demandées).

Le particulier peut passer des ordres « B ». Il s’agit d’une autre enveloppe non prioritaire pour les personnes physiques, personnes morales ou club d’investissement éligibles, et qui n'offre aucun avantage en cas de détention de 18 mois. Là aussi ces ordres pourraient ne pas être servi ou servi partiellement.

Enfin, il sera toujours possible d’en obtenir sur le marché secondaire à partir du 21 novembre. Pour cela, il vous faudra impérativement détenir un compte-titres ou un PEA pour pouvoir passer un ordre d'achat. A noter que le PEA dispose d'une fiscalité plus avantageuse : sans imposition si le Plan est conservé (sans retrait) pendant au moins cinq ans (sauf prélèvements sociaux de 17.20 %). Rendez-vous donc le 21 novembre, mais attention en cas d’envolée des prix.

5.Quelle rentabilité ?

Stéphane Pallez, PDG de la Française des Jeux, avait affirmé, auprès de RTL au mois d'octobre, que « la FDJ est une entreprise dans un modèle de croissance régulière (…). On n'est pas une valeur spéculative ». Elle défendait donc l’idée que la FDJ est une valeur de rendement, une valeur de fond de portefeuille. D’un point de vue comptable, le chiffre d’affaires de la FDJ est en hausse systématique depuis 2015. Dans le détail, le chiffre d’affaires est passé de 1.65 milliards € en 2015 à 1.80 milliards € en 2018, soit une hausse de 8.69 % en 3 années (+2.90 % / an en moyenne). A noter en complément, que les Français sont de plus en plus joueurs, leurs mises totales au sein des jeux de la FDJ ont connu une croissance de 15,47 % sur les quatre dernières années. Cependant, entre 2017 et 2018, la société a publié un bénéfice en baisse de 5.7 % (s'expliquant principalement par la chute du résultat financier, liée en partie à la dévalorisation du portefeuille de placements, dans le sillage de la tourmente boursière fin 2018).

6.Est-ce cher ?

Parmi les ratios utilisés par les analystes boursiers pour apprécier la valorisation d’une société cotée, un des plus utilisés est le PER (pour Price Earning Ratio), c’est-à-dire le rapport entre la valeur de l'entreprise et les profits annuels attendus.
Il faut donc calculer, dans un premier temps, la valorisation de la FDJ, puis son rapport vis-à-vis des profits attendus et enfin trouver des comparables.
Avec un prix par action à 19.90 € (le haut de la fourchette), la société atteindrait une valorisation de 3.8 milliards € et donc un PER de 22.30. A noter que le PER moyen pour les sociétés du CAC 40 est de 17.30.
Cependant, étant donné qu’il s’agit d’une valeur de fond de portefeuille, il est intéressant de comparer le PER 2019 de la FDJ avec celui de nos valeurs « Bon père de famille »*, par exemple le titre Suez, qui fait partie de nos valeurs favorites, à un PER de 22.66. Sanofi a un PER de 15.17 et Air Liquide 26.64. De ce point de vue, si on considère que le titre est une valeur solide de fond de portefeuille, alors on peut considérer qu’il n’est pas si cher…

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7.Quel dividende ?

Selon son document d'enregistrement auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF), la FDJ a « pour objectif de distribuer des dividendes représentant 80% de son résultat net consolidé sur la période 2020-2025 ». Si elle avait versé, aujourd’hui, 80% de son bénéfice, son dividende aurait atteint 71 centimes de dividende par action, soit un rendement de 3,56 %, dans notre hypothèse d’une première cotation à 19.90 €. A noter que ce rendement correspond plus ou moins au rendement moyen des actions du CAC 40.
Cependant, et c’est très important, la deuxième loterie européenne et quatrième mondiale, va devoir s'acquitter de 380 millions € avant juin 2020 auprès de l’État, afin de conserver son monopole. L'entreprise devra sûrement emprunter, afin d'amortir les 380 millions € sur une longue période, et lisser son impact dans le temps. Une décision qui pèsera sur son résultat net, et donc in fine, sur le dividende versé.

8.Quelle place pour la FDJ dans un portefeuille ?

Investir dans une introduction en Bourse est une opération destinée aux investisseurs qui ont déjà une première expérience de la Bourse. Ce n’est pas un conseil adapté aux particuliers qui souhaitent débuter en Bourse. Pour débuter en Bourse, il est généralement conseillé de se construire un portefeuille d’actions diversifiées et plutôt défensives* (ex : Air Liquide, Sanofi, Suez, etc…).

Une fois qu’on a un portefeuille bien équilibré, on peut s’intéresser à des opérations spécifiques de type introduction en Bourse, comme celle de la FDJ

Mais, on ne vous le conseillera jamais assez, avant d’envisager toute nouvelle acquisition dans son portefeuille, il faut d’abord s’assurer que ce dernier est bien équilibré et diversifié. Un investisseur ne raisonnera pas de la même manière s’il a un portefeuille composé de 4 valeurs ou de 40 valeurs. Un investisseur ne raisonnera pas de la même manière s’il a un portefeuille concentré vers les techs/biotechs ou s’il a un portefeuille diversifié. Avez-vous une part de liquidité ? Devez-vous vendre certains titres sans potentiel ? Alléger certains titres sur lesquels vous êtes trop exposé ?

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Si vous êtes intéressé par un investissement boursier, n’hésitez pas à tester notre service gratuitement pendant 1 mois. Même s’il y a un fort emballement médiatique sur la FDJ l’investisseur ne doit pas occulter les autres valeurs de la cote, notamment les valeurs défensives*. Air Liquide, Sanofi, Suez … toutes ses valeurs sont des valeurs de fonds, à l’image de la FDJ. L’investisseur ne doit pas mettre tous ses œufs dans le même panier (la FDJ) et diversifier ses sources de dividendes. La diversification sectorielle est aussi importante que le potentiel de performance, On ne vous le répètera jamais assez.

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Communication non contractuelle à caractère publicitaire

* Les investissements en actions présentent un risque de perte en capital, doivent s’envisager dans une optique long terme et porter sur une petite partie d’un patrimoine global. Leur valeur n’est pas garantie mais est sujette à des fluctuations à la hausse ou à la baisse dépendant en particulier de l’évolution des marchés financiers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.